Louise-Michel
Salles obscures - lundi 19 janvier 2009

Ca fait de bien des films comme ça, qui ne respectent rien et dérangent. Des films durant lesquels on peut se sentir franchement mal, mais qui font rire (avec des sujets pas drôles du tout) et qui soulèvent certaines vérités qu'on préfère souvent occulter.

Louise-Michel, c'est la rencontre de deux êtres complètement improbables et ignobles chacun dans leur genre, unis par le projet d'aller buter le patron voyou d'une société picarde. Comme point de départ, un fait réel survenu dans la région d'Angoulême où un sympathique patron avait offert de nouvelles tenues de travail à ses ouvriers avant de déménager ses machines en un week-end vers les pays de l'Est. S'ensuit un postulat loufoque (les ouvrières regroupent leurs primes de licenciement pour se payer un tueur à gages) qui démonte les rouages des montages financiers inhumains présidant à la destinée des travailleurs.

Gustave Kervern et Benoît Delépine sont principalement connus du grand public pour leurs délires au Groland sur Canal +. Ils ont déjà réalisé Avida et Aaltra, films également particuliers sur des sujets casse-gueule.

Le film est parsemé d'apparitions d'acteurs ou célébrités, ainsi Matthieu Kassovitz très drôle en fermier pseudo bio, le chanteur Katerine, Siné ou Benoît Poelvoorde en ingénieur détraqué obsédé du complot (que l'on retrouve comme chez lui dans cette ambiance particulière).
Yolande Moreau (Louise) est remarquable, Bouli Lanners (Michel) repoussant à souhait, et le duo fonctionne parfaitement.

Il y a certes des longueurs, un moment où on espère qu'il n'y aura plus de rebondissement, parce qu'on est épuisé, mais au final on sort de ce film heureux d'avoir été malmené et d'avoir pu rire de ces situations ignobles. Quelque chose comme un rire cathartique.

Sorti le 24 décembre dernier, Louise-Michel ne restera certainement plus très longtemps à l'affiche, dépêchez-vous.

Violette

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