Les grands de ce monde sont bien peu de chose : W
Salles obscures - mercredi 12 novembre 2008
W, l'improbable président d'Oliver Stone n'est certainement pas la version la plus fidèle de la vie de George W. Bush, puisqu'elle sert le point de vue d'un réalisateur connu pour être un opposant. Mais si de nombreuses parties intimes, comme les discussions de Bush avec son épouse, sont de la pure fiction, il n'en reste pas moins que ce film révèle les étapes clés de la vie du futur ex président américain, soulignant son incapacité à exercer cette fonction.
Junior est un fils dévalorisé et complexé par un frère aîné plus brillant selon ses parents, beau gosse amateur de filles et de beuveries dans sa jeunesse, qui se battra contre l'alcoolisme grâce à la foi. Cette même foi qui le guidera tout du long de sa carrière, et pour prendre les décisions les plus importantes. Ce serait notamment après avoir entendu Dieu lui parler qu'il décidera de se présenter à la présidence.
Si on savait déjà George W. Bush peu au fait des finesses politiques et économiques mondiales, ce film le dépeint comme un homme qui a tenté de se construire face à un héritage familial encombrant, dans l'ombre de Bush senior.
Un homme qui aime jouer à diriger sans avoir à réfléchir, en se basant sur son ressenti d'une situation (faire le Bien, éradiquer le Mal).
Un homme qui sera toujours influencé par ses proches collaborateurs, avec une démonstration éclatante lors de la prise de décision d'attaquer Saddam Hussein pour parer au danger d'éventuelles (et finalement illusoires) armes de destruction massive. A ce sujet, Condoleeza Rice, Donald Rumsfeld et les autres apparaissent comme les responsables du fiasco irakien, antipathiques au possible.
Un homme qui, malgré tous ses défauts, en deviendrait presque sympathique, puisque humain.
On aurait attendu une charge bien plus virulente que ce film qui sombre parfois dans le mélo familial, s'agissant du dirigeant du pays le plus puissant au monde.



Il y a quelques mois j'ai vu un western, l'Homme qui tua Liberty Valance. A ma grande surprise, j'ai été accrochée par cet excellent film qui oppose les méthodes brutales d'hommes plus que virils, John Wayne, à celles d'érudits issus d'écoles de droit, John Stewart. La fin du Far West en somme. Auparavant j'avais également été sensible à certains films de John Ford comme Les Cheyennes, de facture classique mais prenant position en faveur des peuples indiens décimés par les colons. Mais sinon, les histoires de plaines et de cowboys qui séduisent de jeunes blondes en tablier à carreaux avant d'aller tuer un peau-rouge, ça n'est pas trop mon truc. Jusqu'à ce que sorte Appaloosa.