Devant le MK2 Beaubourg
États d'âme - lundi 1 septembre 2008

Jeudi 10 juillet, 19h45, temps maussade

Assise face au cinéma, j'attends.
"Je suis comme je suis" proclame un dos de chemise d'homme, accompagné d'une paire de jeans et de Stan Smith, ainsi que d'un sac Adidas vintage. Le quartier est looké.
J'entends un accent français à couper au couteau "Yes, yes, for you it is heuuuuu..."
Des couples passent.

Une jeune femme victime d'une expérience vestimentaire malheureuse, top moulant couleur chair, transparent. Ce ne doit pas être facile, surtout dans le métro.
Au feu avant d'arriver, j'ai croisé l'acteur de Tanguy sur son vélo. Toujours la même tête.

Le temps se gâte, le vent se lève, il fait lourd et les nuages sombres annoncent l'orage.

J'attends encore. Les gens à la terrasse du café en face se succèdent.
Une femme passe, très, trop bien habillée pour le lieu et l'heure. De ces robes de créateurs provo-bobo mais finalement très sages, en soie. De ces robes qui prétendent transformer en femmes fatales des filles qui ne l'assument pas forcément. Des robes qui ne savent pas se contenter de rendre jolie, qui forcent le trait pour rendre sexy.
Une jeune fille souriante, bronzée, aux cheveux très courts et bouclés parle avec avec un grand black baraqué. On dirait un premier rendez-vous, l'un et l'autre cherchent à se cerner.

J'attends toujours. Je roule mon chewing-gum dans un bout de papier. Le vent soulève ma jupe.
Un chat siamois dans une caisse, l'air placide, attend d'arriver à destination.

Enfin, j'entre dans la salle, il n'a pas encore plu.

Violette

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