L'ostaria Boccadoro
Envies d'ailleurs - mercredi 31 décembre 2008
Venise est remplie de restaurants, certains des pièges à touristes, d'autres de véritables perles. Nous n'y avons pas une seule fois mal mangé, bien au contraire, et je vous parlerai ultérieurement d'autres endroits alléchants, mais l'ostaria Boccadoro a été notre coup de foudre.
Le restaurant est à l'écart de l'agitation, sur une petite place sur le chemin de la Fondamenta Nueve, la grande jetée bordant Venise face à l'île de Murano. Discret et sans tapage, la carte originale allèche : fruits de mer et poissons uniquement, en entrée comme en primi ou secondi plati.
La salle est élégante, aux murs gris ardoise décorés de clichés de la lagune. La terrasse extérieure, avec son toit de glycine, doit être idéale aux beaux jours. L'accueil et le service sont parfaits, la femme du chef au service et le chef au conseil.
Après nous avoir laissé découvrir la carte, le chef Luciano Orlandi vient nous conseiller et nous le suivons sans hésiter. Nous avons ainsi partagé en entrée une assiette de poissons crus et une assiette de poissons et fruits de mer cuits. Les crus d'abord, d'une fraîcheur exquise et finement découpés : lamelles de thon rouge et de cabillaud et langoustine crues, que je dégustais ainsi pour la première fois, le tout nappé d'huile d'olive. L'assiette de produits cuits n'a pas déparé : savoureuses crevettes grises et crevettes roses, langoustines, lamelles de seiche, calamars et sardines. Les sardines, piquantes et tendres sans une seule arrête, étaient excellentes.
Pour suivre, le chef nous conseille ses taglioni à l'encre de seiche, aux coquilles saint Jacques et aux artichauts. Passionné, il nous expose la "guitara" qui lui permet de faire lui-même les pâtes. Un instrument en bois avec des cordes de métal tendues de deux côtés, un côté avec des espacements larges pour les tagliatelles, un côté avec des espacements plus faibles pour les taglioni. Les pâtes noires sont excellentes, fines, et mettent en avant la saveur des coquilles et de leur corail.
Le repas est parfaitement accompagné d'une excellente bouteille de vin blanc fruité également conseillée par le chef. Une bouteille qui "plaît aux dames" selon ses dires dans un français hésitant, mais complétant très bien notre italien plus qu'approximatif.
Nous n'avons pas pris de secondi plati, mais succombé au dessert, un meli mélo de spécialités italiennes : une très bonne mousse aux quatre chocolats, un tiramisu, une panacotta à la sauce aux kakis et un morceau de panettone.
Les prix sont élevés mais mérités pour la qualité des mets proposés et le professionnalisme du service. L'addition ce soir là est montée à 145 euros pour deux (entrées, plats, desserts, bouteille de vin et d'eau gazeuse, cafés et cognac), le prix d'un grand moment de plaisir.
Ostaria Boccadoro
Campo Widmann
Cannaregio
5405 A
(041) 52 11 021
Fermé le lundi


