Bruxelles ma belle
Envies d'ailleurs - lundi 10 novembre 2008
A tout juste une heure trente de TGV de Paris, Bruxelles attend tranquillement les visiteurs. Si la ville s’étend sur plusieurs quartiers périphériques, son centre historique et touristique, le Pentagone, n’est pas bien grand. Cela permet une visite tranquille en deux ou trois jours, de préférence à pied.
Très active culturellement, la vile organise régulièrement festivals et événements sur de nombreux thèmes (la bière certes, mais pas seulement). Je m'y trouvais pour deux jours fin octobre, lors de la fête de la mode. A la Centrale électrique (centre européen d'art contemporain), pour 5 euros par personne un sac, un badge et un plan avec les lieux des différentes manifestations étaient remis. Si la plupart des lieux de la carte étaient des boutiques (accessibles gratuitement n’importe quand, tout de même), deux ou trois endroits valaient le détour.
Bon, il y eut un guet-apens : la visite de l’église protestante. Le bâtiment en lui-même, bloc carré antipathique et maronnasse daté seventies, n'est pas attirant. Nous allions nous en éloigner lorsqu'une dame est venue nous chercher, nous repérant à nos sacs. Gentille, très gentille. Tellement gentille qu’on s’attendait à ne jamais pouvoir ressortir de ce temple. Et qu’y avait-il donc à voir dans cette étape du parcours de la mode ? Une exposition de robes de baptême, généreusement prêtées par les paroissiens, cachée au sous-sol. Tous les commentaires et documentations étaient écrits en flamand. Des gens tous très calmes et très gentils étaient présents, nous regardant en souriant, insistant pour que nous restions prendre un café. Brrrr… dès qu’il a été possible de le faire sans paraître trop impolis, nous sommes remontés, avons décliné une énième fois le café proposé par trois très gentilles dames au doux sourire, et nous sommes précipités dans la rue. Je nous voyais déjà pendus par les pieds au plafond d'une cave...
Une autre visite en revanche valait vraiment le coup. L’hôtel Royal Windsor, cinq étoiles, ouvrait au public ses 12 chambres décorées par la fine fleur des designers belges. Nous pensions n’avoir droit qu’à une vidéo de démonstration, mais nous avons en fait été escortés de chambre en chambre par un membre du personnel de l’hôtel, nous expliquant la démarche suivie par l’établissement et nous ouvrant chaque chambre. L'initiative a eu un succès certain, et certains groupes de visiteurs étaient très nombreux. Nous avons eu la chance d’avoir un guide pour trois. Le style initial du Royal Windsor est très classique, pas fun pour un sou, aussi ces douze chambres sont-elles surprenantes.
Toutes sont très différentes, certaines abusivement romantiques (ainsi une chambre transformée en grotte blanche, avec des statues en guise de colonnes de lit, par Kaat Tilley), d’autres très masculines (l'univers blanc et noir avec du cuir et vidéo projecteur de Jean-Paul Knott).

Alors que nous passions la porte de la dernière chambre, notre guide nous annonce abruptement que l'artiste nous fait l’honneur d’être présente. Nous nous retrouvons dans une chambre laquée de rouge et de noir face à la femme ayant créé cet univers, Romy Smits, et à laquelle il faut bien dire quelque chose. Pas évident lorsqu’on n’est pas préparé ni spécialiste en art contemporain de ne pas sortir des banalités. Alors oui, le lit ovale situé en plein milieu de la pièce rouge et entouré d'un mur incurvé en argent fait penser à une matrice, et allongé sur le lit on doit se sentir comme un fœtus protégé dans le ventre de sa mère. On a du être très nombreux à le lui dire.

Une démarche vraiment intéressante, et des chambres qui valent le détour si vous pouvez vous offrir un petit luxe (compter dans les 230 euros pour le week end en chambre Fashion).


