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(mercredi 18 juin 2008 à 18:50)
Ce billet est une reprise du billet paru sur le blog Mlle. Dilling à Paris.
Je me rappelle le jour quand j’ai vu mon premier Subway à Paris. En tant qu'Américaine j’avoue que j’avais un petit coup de confort en voyant quelque chose de chez moi dans les parages- mais j’ai pensé que cela ne pourrait pas durer car les Français savent bien ce qu'est un bon sandwich. Entre le croque-monsieur et le Monte-Cristo, la France a largement contribué au vaste choix de déjeuner au monde, et Subway n’est pas du tout du même style. En plus, en France on peut dire que l’on fabrique le meilleur pain du monde, sans trop exagérer. Je ne suis pas certaine que les Américains puissent se vanter de la même chose. Alors, c’était avec une joie éphémère que j’ai appris qu’un Subway allait s’installer non seulement à côté du bar où je travaille, mais également dans le coin où je fais mes études. Je comptais en profiter tant que ces boutiques existaient. Quelques jours après leurs ouvertures, je suis arrivé au Metro Censier-Daubenton et je suis sortie de la station pour aller au cours comme je fais toujours. Mais cette fois il y avait quelque chose de différent. En sortant de la station, j’ai été tout de suite envahie par des souvenirs de lointain, des images des Etats-Unis ont jailli et, tout d’un coup, je me suis sentie nostalgique et je n’avais aucune idée pourquoi. J’ai pris l’escalator pour gagner la route sur terrain et, après avoir vu les premiers rayons du soleil, j’ai vite compris la source de ma nostalgie : Subway. Fini l’arôme de la boulangerie en face, des odeurs émises par les truands dans la rue, celles des livres en vente dans la petite boutique sur l’autre côté de la rue, la fragrance des cafés allongés qui sortent du café, rien ne pouvait effacer le parfum de Subway qui a envahi tout le quartier. Je ne pouvais plus reconnaitre avec mon nez tout ce qui est Paris pour moi. Jusqu’au moment où je suis sortie du Metro, je me croyais en France, mais, après un seul moment j’en ai douté. J’ai jeté un coup d’oeil au restaurant et j’ai vu une dizaine d’étudiants qui faisaient la queue pour commander un sandwich. Ils étaient tellement contents d’y être. J'ai été étonnée de les voir là car Subway est aussi ancré dans ma culture que la baguette dans celle de ces jeunes-là. J'ai grandi avec cette chaîne, tandis que pour eux, cette nouvelle chaîne est une mode, quelque chose de chic. J’étais partagée entre la révolution et la popularisation d’un concept. Je ne suis pas tout à fait contre la présence de Subway en France. J’y vais de temps en temps, surtout pour les boules de beurre et chocolat en forme de Cookie. J’apprécie aussi le fait qu’ils aient introduit le « steak végétarien » à la communauté dépravée des végétariens en France. Ils ont aussi ramené le « pickle » avec eux, et il faut avouer que mon petit cornichon américain me manquait vachement. En plus, il faut dire que même si leur présence près de la Place de Clichy signifie le changement d’ambiance dans un quartier connu pour ses sex-shops et bars des filles, je suis, en théorie, soulagée d’avoir un endroit louche de moins à passer sur mon trajet chez moi à quatre heure du matin après mon service au bar. S’il y a une place pour Subway sur le marché français, ils ont le droit de l’exploiter. Je vais regarder avec intérêt ce qui va se passer avec le sandwich « Américain » à Paris. Pendant ce temps, je vais continuer à fréquenter ma boulangerie à côté de la Sorbonne et près du bar où je travaille - ils font des bons sandwiches « thon crudités », et j’aime bien l’odeur du pain qui sort du four, même si c’est à quatre heure du matin et que je suis en train de rentrer chez moi après une longue journée. (lundi 16 juin 2008 à 12:47)
Je ne suis pas fan de télé, ni fan de séries. Certaines m'ont cependant accrochées, et elles sont en général américaines, mais voici l'exception qui confirme la règle : Engrenages, excellente série française co-produite par StudioCanal et Son et Lumière. Et c'est assez rare pour être remarqué. La saison 1 suivait comme fil conduteur la résolution du meurtre barbare d'une très belle jeune fille, atrocement défigurée. Les huit épisodes nous menaient bon train, avec une galerie de personnages clés : la commissaire Laure Berthaud et son équipe d'enquêteurs de la DPJ, le juge d'instruction François Roban, le vice-procureur Pierre Clément, et l'avocate sans scrupule Joséphine Karlsson. Chaque personnage est magistralement servi par un interprète ad hoc, et les personnages secondaires sont à la hauteur. A côté de cette intrigue principale apraissent des affaires satellites, menées parfois sur plusieurs épisodes,et donnant à voir les côtés sombres de l'espèce humaine.
Et elle ne m'a pas déçue, cette saison 2 que je viens de terminer. Le point de départ est également un fait divers particulièrement sordide, un barbecue. Comprendre l'incinération criminelle d'un homme dans un coffre de voiture. Barbecue organisé par un pseudo caïd mêlé à toutes sortes de trafics, que la police n'aura de cesse de remonter pour les démanteler.
Plus d'infos et quelques images sur le site de Canal +. Et cette petite musique dans ma tête, qui me fait espérer une saison 3, en cours d'écriture, aussi réussie. Saison 1 disponible en DVD
(samedi 14 juin 2008 à 17:29)
Un petit bouquin en format poche sur la table du libraire a attiré mon attention, avec son titre lapidaire et sa couverture efficace évoquant indirectement l'entreprise et ses réunions oiseuses. L'auteur m'est inconnu, mais le résumé et l'extrait de critique du Monde des livres achèvent de me convaincre. C'est un livre court et corrosif, concentré, relatant les deux heures d'une réunion au sommet dans une grande multinationale publicitaire. On se trouve en terrain connu, avec discussions sur la marge brute justement, les résultats, le dégraissage des effectifs, et surtout les relations humaines biaisées et tendues. Petites humiliations infligées à la chaîne par le PDG, chefs de secteurs qui se défaussent de leur responsabilité sur leur subordonnés, tout ceci n'est pas brillant. Une vision de l'entreprise comme d'une jungle où il faut manger avant que d'être mangé.
L'écriture et vive et enlevée, les phrases s'enchaînent non stop, seulement entrecoupées de virgules, donnant l'impression d'un tourbillon de pensées. On ne peut s'empêcher de faire des rapprochements entre les personnages et des gens de connaissance, ou de se demander auquel nous ressemblons le plus. Une réflexion critique qui fait rire, et qui parfois inquiète, tellement elle est proche de la réalité.
Marge brute
(dimanche 1 juin 2008 à 20:14)
Nous savions ce que nous allions voir et pourtant, une fois passées les portes, nous avons été impressionnés. C'est que l'on pénètre dans un très grand espace, très lumineux. 13 500 mètres carrés. Et, disséminées tout au long de la nef, cinq stèles d'acier géantes. Un audio guide est compris dans le ticket d'entrée. La voix de l'artiste accompagne nos déambulations, expliquant clairement son parcours et sa démarche. Ainsi, ce qui pourrait être totalement hermétique devient évident. Un moment de contemplation et de plaisir, assis sur les bancs du Grand Palais, entre les rayons de soleil qui traversent la coupole. Des gens qui se promènent calmement, le nez en l'air. Des enfants trop heureux de tout cet espace qui courent entre les stèles. Une exposition qui n'impose rien et où chacun se fait sa propre expérience, c'était le postulat de Richard Serra. Réussi. Rendez-vous en 2009, pour découvrir la vision de Christian Boltanski. Nef du Grand Palais
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