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(dimanche 30 mars 2008 à 19:45)
Un voyage initiatique et spirituel en Inde est l'occasion pour trois frères très différents de redevenir proches, un an après le décès de leur père. Comme souvent dans les films de Wes Andersen, la filiation est au centre de l'intrigue.
La famille Tenenbaum plongeait le spectateur au cœur des démêlés d'une famille de petits génies traumatisés par le divorce de leurs parents, avec déjà Owen Wilson et Anjelica Huston. Dans La vie aquatique, avec encore Owen Wilson, Anjelica Huston, et Bill Murray en personnage principal despotique, il était question de fils caché. Dans ce troisième opus, on ne verra jamais le père, et les trois fils cherchent à revoir leur mère, exilée dans un monastère. Owen Wilson et Anjelica Huston sont toujours de la partie, tandis que Bill Murray fait un petit clin d'oeil, et que Jason Schwartzman et Adrien Brody font une arrivée remarquée dans la fratrie.
Wes Anderson est donc un cinéaste fidèle à ses acteurs, et en amitié certainement, à l'opposé des thèmes de rupture familiale qu'il traite dans ses œuvres.
De ces trois films, A bord du Darjeeling limited semble le plus abouti. Les histoires de familles se révèlent au fur et à mesure, moins évidentes qu'elles n'y paraissent. Les personnages sont tous au bord de la normalité, avec chacun leurs traumatismes à soigner, et leurs réactions imprévisibles donnent lieu à des moments de franche comédie. Entre les rires s'intercalent des moments graves, et si une légère baisse de rythme se fait sentir, finalement une atmosphère détendue et tellement agréable s'installe, entretenue par une bande-originale superbe.
Pourtant la bande-annonce m'avait fait hésiter, me faisant penser de prime abord à une comédie un peu traînante. Il n'est en rien, bien au contraire. A bord du Darjeeling limited est un film coloré, élégant et léger, qui donne envie de découvrir, de tout oser, de vivre.
Aller voir ce film, c'est le meilleur traitement que vous puissiez vous offrir en ce moment pour résister à la dépression de ce temps gris et pluvieux, et au triste fait d'avoir perdu une heure de sommeil.
(jeudi 27 mars 2008 à 15:09)
EBay étant parfois une mine d'or - et parfois non, il faut savoir prendre des risques calculés - j'avais eu le coup de foudre pour de petits tableaux. Des choses très belles, sur lesquelles les enchères sont vite montées.
Il s'agit principalement de têtes enfantines, torturées et recomposées.
L'artiste expose maintenant dans une galerie parisienne. Ca se passe place du marché Sainte Catherine, à la galerie Marie Vitoux, du 3 au 26 avril.
Je vous invite à y passer, ce sont oeuvres délicates et poétiques, naïves et sombres.
Galerie Vitoux
3, rue d'Ormesson
Place du marché Sainte Catherine
75004 Paris
(mardi 18 mars 2008 à 10:26)
Si vous aussi vous êtes impressionné par les grincements produits par une grande bâtisse ancestrale, si vous tressaillez à chaque bruissement perçu au détour d'un couloir, si vous ne pouvez pas vous endormir sans un drap sur la tête, allez voir l'Orphelinat.
L'histoire utilise les ficelles classiques de l'horreur : Laura, ancienne pensionnaire de l'orphelinat, s'installe avec son mari et son jeune fils avec le projet d'ouvrir un centre d'accueil pour enfants handicapés. Depuis longtemps le petit garçon passe son temps à jouer avec des amis imaginaires, ce qui n'inquiète pas trop ses parents jusqu'à ce que...
Produit par Guillermo Del Toro (caution internationale depuis le Labyrinthe de Pan), ce film espagnol bien mené est maîtrisé jusqu'au bout, ce qui n'est pas toujours le cas de ces films d'angoisse qui débutent bien et finissent en queue de poisson, ou en twist scénaristique facile, comme Le 6è sens.
En appliquant des recettes éprouvées du film d'angoisse, le réalisateur Juan Antonio Bayona parvient à les renouveller en dépassant les clichés.

(lundi 10 mars 2008 à 16:25)
Appris à l'instant le nom du candidat qui représentera la France à l'Eurovision 2008, dont la finale se tiendra le 26 mai en Serbie.
L'heureux poulain ayant la difficile tâche de redorer le blason français dans cette compétition internationale de haut vol sera... Sébastien Tellier, avec Divine, extrait de son dernier album Sexuality.
Pourquoi ?
(lundi 10 mars 2008 à 12:34)
Une chic fille, c’est un bouquin qui me faisait de l’œil depuis un mois dans les rayons des librairies, avec sa couverture rose style cellophane et le portrait pointilliste de son héroïne. Mais un roman sur une pseudo star siliconée, a priori, pourquoi faire ? Finalement j’ai craqué, et je ne le regrette pas.
Une chic fille, c’est un roman à plusieurs mains sur la vie fantasmée (ou pas tant que ça, malheureusement) d’Anna Nicole Smith, actrice et playmate américaine surtout connue pour ses attributs mammaires imposants, et décédée à 39 ans d'overdose de substances illicites dans des circonstances peu claires.
La trame est formée d'une accumulation de témoignages imaginés de proches ou moins proches de la blonde (ex mari, journalistes, mère, ou simples fans), qui forment le portrait en creux d’une femme qui apparaît tellement seule. Une femme qui s’est transformée dans le seul but de plaire, accéder à la célébrité et à la richesse pour se sentir exister, et surtout ne plus être seule. Une femme certes superficielle mais d’une grande douceur, la rendant vulnérable aux rapaces l’entourant.
Une atmosphère de déchéance, délétère, émane de ce portrait d’une icône américaine, qui provoque une certaine fascination et une infinie tristesse.
De nombreux traits d’humour, heureusement, relèvent ce Voici revu à la sauce talentueuse des 13 écrivains du collectif Inculte (ainsi les notes de traductions littérales et donc totalement fantaisistes).
Dans la réalité, la saga Anna Nicole Smith se poursuit tristement avec sa fille, portant l’improbable prénom de Danielynn et héritière de l’immense fortune qu’Anna avait elle-même héritée de son mari magnat du pétrole, et dont des hommes pas forcément bien intentionnés se disputent la garde. Une gamine qui pèse plusieurs centaines de millions de dollars tout de même…
Une chic fille
Collectif inculte
Editions Naïve
16 €
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