Dans la brume électrique, voyage dans les bayous
Salles obscures - mercredi 22 avril 2009
De façon totalement imprévue nous nous sommes retrouvés hier devant un cinéma, à l'heure de la séance de ''Dans la brume électrique''. Un film de Bertrand Tavernier avec Tommy Lee Jones et se passant en Louisiane, pourquoi pas ! Nous ne l'avons pas regretté.
Cette adaptation d'un roman de James Lee Burke mélange enquête récente (de jeunes filles massacrées sauvagement), rancœurs anciennes (le meurtre raciste d'un homme noir dans les années 60) et histoire personnelle difficile (alcoolisme), le tout dans une atmosphère brumeuse et fantastique.
Dave Robicheaux, incarné par Tommy Lee Jones, un flic désabusé mais intransigeant, rappelle forcément ses personnages de ''3 enterrements'' ou plus récemment de ''No country for old men''. Il faut dire qu'il y excelle. Heureusement cela ne gêne pas, car le film a également d'autres atouts. Ne serait-ce que les autres acteurs, dont notamment John Goodman, excellent en gros méchant mafieux.
''Dans la brume électrique'' est un polar qui prend ses distances avec les codes classiques du polar. La mise en scène intelligente préfère instaurer des ambiances, faire deviner des drames et des tensions sous-jacentes, que décrire et accumuler les clichés. On se laisse porter par la rythme, en étant parfois surpris par de brusques accélérations.
Pour la petite histoire, la version présentée en salle est celle de Tavernier, pas celle visible aux États-Unis, un conflit entre Tavernier et son producteur américain ayant amené ce dernier à faire effectuer un montage différent, "plus adapté" à un public américain. Aux États-Unis, le film n'a d'ailleurs pas bénéficié d'une sortie en salles mais en direct-to-vidéo. Il poursuit cependant une belle carrière en étant la 4è meilleure vente de DVD. La version originale est heureusement visible dans le reste du monde. Vous trouverez plus de détails sur ces divergences artistiques dans l'article du Monde de Jean-Luc Douin et Thomas Sotinel.


