La Graciosa, la huitième merveille des Canaries
Envies d'ailleurs - mardi 24 mars 2009

De retour d'une semaine reposante aux Canaries, sur l'île de Lanzarote, l'un de mes meilleurs souvenirs est notre escapade sur l'île de la Graciosa. Une échappée qui fait oublier le temps qui passe trop vite, la foule et le bruit, et dont j'ai regretté qu'elle ne dure pas plus longtemps.

Lanzarote en elle-même est déjà une très belle île, j'en parlerai ultérieurement. Mais ce qui singularise la Graciosa, c'est sa petite taille (27 kilomètres carrés), le fait qu'elle est très peu peuplée (un peu plus de 600 âmes à demeure dans la seule ville, Caleta de Sebo), et surtout très peu touristique comparé au reste des Canaries.
Un simple "caillou" sur lequel il n'y a "rien à faire", selon certains. Belle erreur !


On y accède par bateau, un ferry faisant la navette plusieurs fois par jour depuis le petit port d'Orzola. La traversée dure 20 minutes et coûte 20 euros A/R par personne. La plupart des visiteurs de l'île ne vient qu'une journée et repart par le dernier ferry (16h, c'est bien tôt lorsque ce n'est pas l'été). Nous avons décidé d'y passer une journée entière, d'y dormir et de ne repartir tranquillement que le lendemain matin.

En arrivant sur l'île et en s'éloignant de l'agitation causée par le débarquement sur le petit port, on est saisi par le calme qui règne. L'île est en effet peu peuplée, et c'est également une réserve naturelle. Il n'y a aucune route goudronnée, seulement quelques pistes praticables uniquement en 4x4. Les habitants de l'île en ont, et il est possible de louer les services d'un conducteur pour être mené rapidement à un lieu de baignade.
Cependant, la plupart des visiteurs de l'île se contente de la parcourir à pied ou à vélo, pour en découvrir tout le charme. A vélo, il faut impérativement suivre les pistes, à pied on peut se rendre partout, à condition de respecter la nature, de ne pas cueillir de plantes et de ne pas laisser traîner ses ordures.

Le paysage est magnifique, alternant plages de sable doré sur les côtes et intérieur désertique. Cinq sommets volcaniques se dressent en une ligne nord/sud, dont le point culminant est Aguja Grandes, avec 266 mètres.
Nous les évitons et marchons dans une sorte de lande composée d'épineux et parsemée de coquilles blanches d'escargots, des milliers et des milliers de coquilles d'escargots. Quelques fleurs pointent leurs couleurs ça et là.

Les plages du sud, face à Lanzarote et donc à l'abri du vent, sont calmes et douces. La plus belle est certainement la playa Francesa. Elles sont de plus assez peu fréquentées, si ce n'est par de rares naturistes très tranquilles et très bronzés. Il y a tellement peu de monde qu'une baignade sans maillot est fort tentante.
Celles du nord en revanche prennent le vent de l'océan, et la mer est agitée. La plage des Conches notamment, immense étendue de sable blanc sur laquelle s'écrasent des vagues bleues immenses. Impossible de se baigner, les vagues font barrage, mais il est possible d'aller se mesurer à elles... et de finir enfoui dans le sable, suffoquant. Le spectacle est majestueux.
A l'arrière plan apparaissent d'autres île encore plus petites, appartenant à la réserve marine, et sur lesquelles on ne peut aller. Ce jour là, un élégant voilier avait jeté l'ancre face à la plage, tranquille.

La petite ville, Caleta de Sebo, est active et comprend tout ce qu'il faut : trois supérettes, une quincaillerie, une boulangerie, des bars et restaurants, ainsi que deux pensions très simples et très propres (compter 25 euros la nuit pour une chambre double avec salle de bain à la pension Enriqueta). Un camping gratuit avec bloc sanitaire se trouve à la sortie de la ville, pour les plus aventuriers.
L'île comprend un autre village, que l'on peut rejoindre par un petit sentier côtier, Puerto Barba. Mais il n'est composé que de quelques résidences secondaires de canariens, sans aucun commerce. Il est cependant magnifique et mérite le détour.
Prendre un verre sur le port de Caleta de Sebo en admirant le soleil couchant rougir le ciel est un moment magique.


Une prochaine fois, pour me reposer et me libérer complètement l'esprit, je rêve de passer plusieurs jours à la Graciosa. En espérant qu'elle soit toujours épargnée du tourisme de masse.

Violette

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