Slumdog Millionnaire
Salles obscures - jeudi 12 février 2009

En adaptant un roman indien de Vikas Swarup : "Les Fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devient milliardaire", le réalisateur Britannique Danny Boyle exporte le cinéma façon Bollywood. On y retrouve les spécificités du cinéma indien : les couleurs, la musique, le rythme et surtout, la bluette incontournable à multiples rebondissements. Danny Boyle y apporte sa touche personnelle : il traite du rapport à l'argent, comme dans ses précédents films, et il filme avec une réelle sensibilité, surtout les jeunes enfants.

C'est l'histoire d'un garçon né dans un bidonville (Slumdog signifie pouilleux) qui devient millionnaire après avoir participé au jeu "qui veut gagner des millions". Par de nombreux flash-backs, le spectateur suit les aventures de ce jeune garçon et de son frère, du bidonville de Mumbai à l'orphelinat puis dans leur fuite à travers l'Inde, avant leur retour, à l'âge adulte, dans leur ville natale.
Les deux garçons, joués par 3 acteurs différents selon leur âge (7, 13 et 18 ans), sont touchants et remarquablement dirigés. Les deux plus jeunes acteurs ont été directement repérés dans la rue par la directrice de casting, qui n'imaginait pas d'autre choix pour ces rôles difficiles.

Le fil rouge du film est l'amour d'enfance qui lie le personnage principal, Jamal, à une orpheline du même bidonville, Latika. Sur ce thème-là, on nage en plein Bollywood : amours contrariées, beauté indienne en sari jaune, multiples rebondissements jusqu'au baiser final. Je peux vous le raconter, il ne fait aucun doute dès le début que ces deux-là se retrouveront à la fin, dans une chorégraphie typiquement indienne.

Où réside donc le plaisir rafraîchissant ressenti en regardant Slumdog Millionnaire? peut-être tout simplement parce qu'il est dépaysant, qu'il rétablit un peu de justice en dotant ce jeune héros sympathique de la fortune et de l'amour et que même la justice indienne (dans le film) en convient : ce jeune serveur qui n'a pas fait d'études et a vécu une vie difficile a, un jour, eu beaucoup de chance, tout simplement. Tant mieux pour nous, spectateurs.

Cécile

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