Non Non Bâ et Bottomless Belly Button : deux chroniques, deux styles, deux coups de foudre
A lire et savourer - jeudi 5 février 2009
Cela faisait un moment qu'on avait pas parlé lecture, ici !
Deux BD, dont l'une sortie il y a déjà un moment, m'ont vraiment accrochée dernièrement. Deux pavés ayant pour point commun d'être des chroniques familiales, l'une réalisée par un vieux monsieur de la bande dessinée japonaise, l'autre par un jeune américain de 25 ans.
La première s'intitule Non Non Bâ, c'est une chronique des jeunes années d'un futur dessinateur, Shigeru, marqué par la personnalité d'une vieille femme originale croyant aux esprits, Non Non Bâ. Cette vieille dame superstitieuse, recueillie dans la famille du jeune garçon, aime à raconter des légendes étranges.
Fantômes et yokaï (selon la mythologie animiste japonaise, toute chose a une âme et le yokaï en est la monstrueuse incarnation) deviennent part de la vie quotidienne de Shigeru, à l'imagination déjà débordante, et rendent sa vie bien plus amusante, mais aussi plus compliquée. Non Non Bâ veille sur lui et l'aide à affronter les démons ainsi que les difficultés de la vie quotidienne.
Le lecteur se retrouve immergé dans la campagne japonaise des années 1930, entre Guerre des boutons et Histoires de fantômes, dans une successions de récits intimistes, poétiques et oniriques, avec une large part autobiographique.
Shigeru Mizuki, né en 1922, est une légende au Japon, maître du manga d'horreur. Il commence à être connu en France depuis 2006.
Ne vous laissez pas rebuter par l'aspect volumineux de cette BD, qui se dévore d'une traite.

La seconde, Bottomless Belly Button, est également une chronique familiale mais plus contemporaine et douce-amère.
Le point de départ est l'annonce faite à leurs enfants par Maggie et David Loony, mariés depuis 40 ans, de leur divorce. Ils divorcent, tout simplement, "parce qu'ils ne s'aiment plus". Une raison qui n'en est pas une pour l'aîné, qui ne peut accepter cette décision et fait face à ses propres problèmes avec sa femme. La cadette, divorcée qui élève seule sa fille de 16 ans, ne réagit pas. Quant au "petit dernier", réalisateur en herbe frustré et timide à tête de grenouille, il profite de ce moment pour rencontrer une mystérieuse jeune fille.
C'est donc à cette réunion familiale et aux démêlés sentimentaux des protagonistes que Bottomless Belly Button nous convie.
Cette BD a un côté monstrueux, dans sa volonté de tout nous faire connaître de la famille. Elle contient dessins, bruitages précis, plans de la maison, jeu et énigmes... une somme, qui nous permet de nous intégrer complètement aux Loony, et qui a du être un véritable défi d'adaptation pour l'éditeur français. On est en présence d'un véritable romain graphique, un peu dans la lignée d'un Blankets de Craig Thompson, qui ne laisse pas indifférent et nous amène à nous interroger sur nos propres choix de vie.

Non Non Bâ
de Mizuki Shigeru
paru chez Cornélius
Prix du Meilleur album Angoulême 2007 (premier manga a obtenir cette distinction)
27,55 €
Bottomless Belly Button (Nombril sans fond)
de Dash Shaw
paru chez Cà et là
prix Millepages du meilleur comics 2009
30 €
1. armel (le 05/02/2009 à 18:45) :
tres bien ta chronique
je réagis seulement au caractère un peu intrusif de Google qui met sa pu avant ta signature maintenant
et qui propose à moi (sans doute seulement à moi...) rencontre amour belgique et ensuite Femmes japonaises... incroyable, comment savent-ils que tu parlais d'amour (ou avec amour) et à un belge, quant aux japonaises, c'est le mot manga qui les a excité?
la question c'est "comment faire un blog sans pub?"
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