Rapa Nui à la fondation EDF
Culture - vendredi 23 janvier 2009
"Il est, au milieu d'un grand océan, dans une région où l'on ne passe jamais, une île mystérieuse et isolée", Pierre Loti. Rapa Nui, l'île de Pâques, île volcanique minuscule et mystérieuse perdue aux confins de l'océan Pacifique.
La Fondation EDF Diversiterre propose un voyage à la découverte du patrimoine, des paysages et des habitants, les Pascuans, une civilisation méconnue. Près de cent cinquante œuvres, la plupart jamais montrées au public, ainsi que de nombreuses photos, sont présentées dans une exposition très didactique décrivant l'histoire de l'île.
L'imaginaire collectif a retenu ces géants de pierre, les Moai, érigés par centaines sur des plates-formes cérémonielles monumentales. Ces statues aux yeux fixés sur le ciel mesurent entre 3 et 20 mètres de haut, et pèsent entre 3 et 100 tonnes. Pas de Moai déplacé pour l'occasion donc, mais une réplique qui trône dans l'entrée de la Fondation, faisant face à une photographie impressionnante des originaux sous le ciel étoilé de l'hémisphère sud.
Le peuplement initial est venu des îles polynésiennes alentours (l'île la plus proche est tout de même à plus de 2 000 km !). Les polynésiens apportèrent avec eux leurs croyances, leurs dieux, ainsi que leurs plantes et animaux aux environs de l’an 1000 de notre ère.
Navigateurs hors pair et artistes accomplis, les Pascuans sculptaient dans le bois des images divines. Ils furent également les inventeurs d’une écriture dont le déchiffrement défie encore les épigraphistes, l’écriture Rongorongo.
Outre faire découvrir cette civilisation au grand public, les commissaires de l'exposition veulent aussi contredire une théorie développée notamment par le géographe Jared Diamond ou l'astronome Hubert Reeves qui prétend que les Pascuans ont causé leur propre perte en coupant tous leurs arbres pour transporter les Moai, provoquant de ce fait la désertification de leur île.
Selon eux, "il s'est passé quelque chose de brutal aux environs de 1650, une période de sécheresse plus ou moins longue, qui a fait que le couvert végétal a disparu". Les scientifiques ont étudié 12.000 charbons issus de fours culinaires : avant cette date, il y avait 23 espèces d'arbres, après, plus que 6 et ils brûlaient surtout de l'herbe. Des analyses de coraux en Nouvelle Calédonie, effectuées par d'autres chercheurs, ont montré également des variations de températures et un phénomène de sécheresse entre 1600 et 1650, peut-être lié au phénomène El Nino.
Quoiqu'il en soit, le peuple Pascuan a su s’adapter et survivre à bien d'autres calamités : manque d’eau, raids esclavagistes, épidémies, spoliation territoriale, travaux forcés et hémorragie démographique presque totale. Ils sont aujourd’hui environ 4 000 à accueillir des dizaines de milliers de visiteurs du monde entier. Un superbe voyage que je rêve de pouvoir faire bientôt.
Une belle exposition à découvrir jusqu'au 1er mars 2009.
Espace Fondation EDF
6, rue Récamier
75007 Paris
Entrée libre tous les jours de 12 h à 19 h sauf les lundis et jours fériés.

1. micka aka michel quand il est sérieux (le 25/01/2009 à 09:01) :
"contredire une théorie [...] qui prétend que les Pascuans ont causé leur propre perte en coupant tous leurs arbres pour transporter les Moai"
Il est marrant de contredire cela maintenant alors que ce fût tout de même bien pratique pour leur pub :
www.dailymotion.com/video...
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