L'agriculture à l'honneur dans nos cinémas
Salles obscures - mercredi 10 décembre 2008

En ce moment au cinéma, deux films présentent le monde paysan d'aujourd'hui :"La Vie Moderne" de Raymond Depardon et "L'apprenti" de Samuel Collardey. Ce sont deux films très différents, qui se complètent assez bien et qui montrent qu'il existe plusieurs manières de réaliser un film documentaire.

Le film de Depardon, médiatisé (couv' de Télérama), nous met en position d'observateurs silencieux, assistant impuissants à l'extinction d'une petite agriculture familiale en Ardèche.
Les personnages sont souvent très âgés, parlent peu et, exception faite d'un cas, leur activité va s'éteindre faute de reprise par des plus jeunes. J'ai trouvé ce film d'un pessimisme et d'une noirceur terribles.

Le film de Collardey est davantage une fiction tant les scènes sont jouées. Mais par cette "mise en histoires" d'une année d'un jeune apprenti dans une ferme du Haut-Doubs, le spectateur est plus impliqué, ému, touché. J'ai rarement vécu une séance de cinéma avec autant de réactions spontanées de spectateurs pendant le film (onomatopées, commentaires à haute voix, éclats de rire). Il m'a semblé que Collardey avait une vision plus optimiste de l'agriculture d'aujourd'hui, même si tout n'est pas rose dans son film (la situation matérielle des parents du jeune homme notamment).

Deux documentaires à voir pour se rendre compte de ce qui se passe dans nos campagnes aujourd'hui. Très conseillés pour tous ceux d'entre nous, qui, enfants des villes, avons aujourd'hui si peu de rapports avec ce monde-là.

Cécile

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un commentaire

1. Violette (le 10/12/2008 à 16:09) :

J'ai vu la Vie moderne. C'est vrai que c'est un constat pessimiste. En même temps, j'ai eu l'impression d'un grand manque de cohésion dans le tissus social paysan. Les familles restent entre elles, et la ferme s'arrête si pas de descendant prêt à reprendre le flambeau. A côté, des jeunes voudraient reprendre mais n'en ont pas les moyens. On pourrait imagine qu'ils puisse continuer sur la lignée de ces anciens, mais visiblement non.
Bon, ceci dit je ne connais absolument pas le coin et les traditions locales. Ils ne sont pas très loquaces, c'est le moins qu'on puisse dire.

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