La danseuse malade, Balibar au Théâtre de la Ville
Culture - vendredi 14 novembre 2008

Fan de Jeanne Balibar dans ses rôles d'actrice et de chanteuse, j'étais très excitée à l'idée de la voir danser sur la scène du théâtre de la Ville.



La soirée d'hier fut surprenante et dérangeante à plus d'un titre.

D'abord, il ne s'agissait pas de danse, mais plutôt de théâtre, si tant est qu'on puisse ranger dans une case ce spectacle culturellement mal identifié. Ensuite, le plateau n'est éclairé qu'à la lueur des phares d'un camion. L'ambiance est donc très sombre, pas de musique, les spectateurs tendent l'oreille pour comprendre les premiers textes, criés par Jeanne Balibar sur un ton très aigu, à la limite du supportable. Puis dans la scène suivante, la plus longue, on retrouve avec bonheur la voix grave et si particulière de l'actrice avec un texte qui a du sens (une histoire de Bonhomme de Vent Japonais, très poétique). Ensuite, une scène plutôt vidéo, où l'on voit Boris Charmatz, le chorégraphe, se contorsionner à l'intérieur du camion que conduit Balibar. la trouvaille de mise en scène consiste à projeter sur le camion les images de ce qui se passe à l'intérieur. Enfin, la toute dernière scène permet enfin à Balibar la danseuse (12 ans de danse classique pendant son enfance) de s'exprimer avec son corps mais cela ne dure que quelques petites minutes.

Un certain nombre de spectateurs ont quitté la salle au fur et à mesure du spectacle et je me suis plusieurs fois demandé ce que je faisais là. En effet, je ne comprenais pas le sens de ce que je voyais et cela peut devenir vite agaçant.
Je me suis même surprise pendant le spectacle à penser à ce que je pourrais bien en raconter sur tu déblogues !!! Du spectacle lui-même, à part la description factuelle faite au début, je ne peux rien dire de plus et certainement pas si j'ai aimé ou non. Contrairement à un spectateur qui hurlait au moment des applaudissements "foutage de gueule !", je respecte trop les oeuvres artistiques quelles qu'elles soient pour me permettre un jugement cette fois-ci, n'ayant pas du tout les clés pour comprendre. Je regrette en revanche fortement l'élitisme de ce genre de spectacle, réservé à une infime partie du public intello-parisien réuni hier soir, parmi ceux qui, professionnels de l'art et du spectacle, ou amateurs très éclairés, auraient les codes culturels pour apprécier cette oeuvre. En bref, je m'interroge sur la pertinence de la création d'un spectacle si abscons qu'il ne peut donner du plaisir qu'à ses propres acteurs et en oublie le spectateur.

Au Théâtre de la Ville : ce soir (15 novembre)

Le 28 novembre à la Rose des Vents de Villeneuve d’Asq.

Les 3 et 4 décembre au Singel à Anvers

Le 20 janvier à la Comète de Châlon sur Saône.

Les 14 et 15 février au Tanzquartier de Vienne en Autriche

Les 7 et 8 mai au Culturgest de Lisbonne

Cécile

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un commentaire

1. Manon (le 22/11/2008 à 21:52) :

Je trouve cette critique bien sévère! Il est vrai que lorsque le spectacle commence, on ne sait pas trop ce que l'on fait là, s'il faut rire, ou si c'est au contraire très sèrieux. Mais on est vite captivé par cette danse si speciale, tout comme on l'est par le long monologue de Jeanne Balibar. Je n'ai pas réussi réellement à percevoir le fil directeur du specatcle je dois l'avouer, mais cela ne m'a pas empêchée de le trouver envoûtant, passionnant.

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