Restaurant : Monjul, trop beau, trop bon
Plaisir des papilles - mardi 7 octobre 2008

Rue des blancs manteaux se cache une petite perle qui distille des œuvres d'art savoureuses, à dévorer et à admirer.

Je n'y suis pas allée par hasard, alléchée par de nombreuses critiques gastronomiques louangeuses. Nous sommes un vendredi soir, il est 21h30, et nous obtenons une table pour deux sans avoir réservé. Coup de chance.

Décor blanc total, un peu froid mais peut être pour mieux mettre en valeur les véritables tableaux que sont les assiettes. Le service est attentif et agréable, expliquant simplement et gentiment la composition des plats aux intitulés un peu fantaisistes. La carte affiche un menu entrée / plat / dessert à 29 euros, où l'on ne sait que choisir tellement tout semble bon et original. La carte des vins reste dans des tarifs raisonnables avec des bouteilles dans les 23 euros.
Espumas, veloutés, touches sucrées ou épicées, confiseries... découvrons les expérimentation de cette table, qui se rapproche de la cuisine moléculaire.

L'amuse-bouche ouvre l'appétit en douceur avec un velouté aux petits pois garni d'une moule. C'est frais et doux. Une gorgée de vin blanc corse bio gorgé de soleil, et nous sommes prêts à attaquer les entrées.

Ce sera pour moi une déclinaison d'asperges, soit un gaspacho aux asperges recouvert d'une mousse au parmesan, accompagné d'un biscuit croquant au parmesan et d'asperges vertes croquantes et piquantes. Pour mon ami, bouillant de Saint Jacques et dacquoise aux poireaux (des Saint Jacques crues généreusement servies sur lesquelles verser un bouillon à la verveine).

Les plats font honneur aux entrées en imagination et en réalisation, avec par exemple les cannelloni verticales au tartare de veau, dressées sur l'assiette. Mon ami a opté pour le couscous paradoxal : un tendre filet de porc accompagné de semoule, de petites terrines de légumes et de petits cubes au carambar.

Entre les plats, on ne peut s'empêcher de regarder les assiettes des autres convives, essayant de deviner les plats qu'ils ont choisis. C'est souvent trompeur, mais toujours très beau.

Arrive le moment des desserts, je découvre le Crunch 27, soit une mousse au chocolat amer dans une verrine (à déguster en premier, avant qu'elle ne s'affaisse), avec une quenelle de glace au Get 27 posée sur un lit de grains de riz soufflés au chocolat et une barre de chocolat craquante. Le mariage menthe chocolat est habituel, mais les textures sont intéressantes. Mon ami a dégusté un Banana Billa, un dessert d'une légèreté évidente composé de banane, d'un milk-shake à la fraise et de petits dômes de pana cotta gélifiée.

Nous y avons passé un dîner très agréable, sans cesse surpris et heureux des associations proposées.
Le seul bémol concerne la hauteur des tables, trop basses par rapport aux chaises, ce qui fait que l'on quitte le restaurant en ayant un peu mal au dos. Défaut déjà rencontré dans d'autres restaurants à la déco branchée, que je trouve très désagréable.

Pour une expérience gastronomique inédite, si l'on a pas les moyen de s'offrir les étoilés de la capitale, Monjul est une excellente alternative.

Monjul
28, rue des Blancs Manteaux
01 42 74 40 15
Formules au déjeuner : 14 et 18 €
Menus : 29 et 50 € (menu dégustation à l'inspiration du chef)
Fermé le dimanche et le lundi.

Violette

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