L'endroit où tourner Hostel 3 !
Envies d'ailleurs - mardi 2 septembre 2008

Au début de notre tour d'Albanie, nous avons fait halte dans un hôtel près de la ville de Lezha. Il s'agit en fait d'un ancien relais de chasse bâti dans les années 30 par le gendre de Mussolini, dissimulé sous les arbres à la toute fin d'une petite route de campagne, en lisière d'une zone naturelle protégée.

C'est une vaste bâtisse en pierre, sans étage, aux volets de bois. D'extérieur et de jour l'endroit est accueillant, avec les trilles joyeuses des oiseaux dans les arbres. Un jeune homme nous informe du prix, 20 euros la nuit, et nous installe dans une chambre. Nous nous rendons compte que nous sommes les seuls clients.

La chambre est tapissée de lattes de pin verni du sol au plafond, ce qui donne un peu l'impression d'être dans un chalet. En tout cas de jour. De nuit, cela me faisait plutôt penser à un cercueil.
Rudimentaire, avec ses murs à la peinture passée et écaillée, la salle de bain est cependant alimentée en eau, c'est l'essentiel. La salle de restaurant est très vaste, avec sur un côté une splendide et massive cheminée en pierre blanche, gravée en son centre de l'aigle albanais.

Intriguée par les lieux, je me suis avancée dans le couloir. Les fenêtre sont bardées de moustiquaires, et quelques rares rayons de soleil réussissent à percer. Toutes les portes des autres chambres étaient ouvertes, béant sur des pièces à moitié à l'abandon, avec d'énormes toiles d'araignées. Je n'ai pas fait la fière longtemps, et suis retournée près d'une présence humaine.
Nous avons ensuite fait un tour prudent des dépendances, car tout est détruit. Il semblerait que les dégradations datent de le soulèvement de 1997, et rien n'a été entrepris depuis. Question de moyens certainement, mais c'est très dommage car l'ensemble est très beau et rénové serait un splendide endroit de villégiature.

Mais le lieu prend toute sa dimension avec la tombée de la nuit. Les ombres envahissent les pièces déjà sombres, le bois absorbe la pauvre lumière dispensée par de faibles lampes, les animaux débutent leurs ballets nocturnes. Les coassements des grenouilles emplissent l'air.
C'est le moment où je ferme les yeux très forts cachée sous mon drap, en priant pour dormir d'une traite jusqu'au matin. Pour rien au monde je ne me serais relevée cette nuit là.

Hôtel I Gjuetisë
à 3 km de Lezha
Albanie

Violette

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