Le bonheur des voisins de train
États d'âme - samedi 16 août 2008
Un voyage en train, nous partageons un petit compartiment de première avec un couple de cinquantenaires. L'homme vient apparemment de négocier son départ à la retraite de façon satisfaisante, la direction ayant accepté sans discuté ses conditions – quelles sont-elles, nous l'ignorons, mais il semble heureux.
Il est heureux, il le dit et le répète. Fin septembre il ne travaillera plus. Sa femme sourit, elle semble contente aussi, et détendue. Peut être ne travaille-t-elle déjà plus, peut être n'a-t-elle jamais travaillé. Mais cette nouvelle la remplit de joie.
On ne peut qu'imaginer ce qu'il ressent, à la pensée de tout ce temps libre qui s'annonce. Des plannings qui se forment déjà. Les enfants qu'on pourra voir un peu plus, car nous savons qu'ils ont une fille, a qui il a écrit un texto et dont la connexion Internet remarche, heureuse enfant. Cette fille a probablement déjà des enfants, et les nouveaux retraités, lorsqu'ils ne seront pas en voyage de par le monde ou chez des amis, pourront les garder à loisir.
Madame sourit en annonçant, l'air béat, "ce n'est plus maintenant que je vais te quitter".
Surprenant ces échanges et cette étape importante, on se sent heureux pour eux. Et en même temps, on ne peut s'empêcher de l'envier, de les envier.
A plus de quarante ans d'une éventuelle retraite, c'est mal parti !
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