Voyage en Albanie
Envies d'ailleurs - mardi 29 juillet 2008
Destination encore improbable, l'Albanie est un pays à découvrir. Avant le départ, les réactions étaient quasi unanimes : "Pourquoi l'Albanie ? C'est dangereux, y'a la mafia là-bas !".
Les clichés ont la vie dure, mais il est vrai que ce pays discret est fort méconnu, son ouverture en 1991, après près de 50 années de régime communiste autoritaire, ayant eu moins de retentissement que la chute de Ceauscescu en Roumanie par exemple.
Niché entre la Grèce au sud, le Monténégro au nord, le Kosovo et la Serbie au nord est, la Macédoine à l'est, et bordé par les mers Adriatique et Ionienne à l'ouest, le passé de ce petit pays est troublé et difficile à appréhender. Très pauvre du fait de sa difficile histoire récente, il commence cependant à s'accommoder à l'économie de marché, et les touristes arrivent petit à petit.
Les paysages sont de toute beauté, et d'une incroyable variété pour une si petite surface. Très montagneux, le relief passe du niveau de la mer à la montagne en un rien de temps, créant des escarpements aigus recouverts d'une végétation changeante selon la région et le versant. De très beaux lacs d'un bleu digne des fjords illuminent la partie nord, tandis que la côté ionienne est un ravissement d'eau translucide sur rochers chauffés par le soleil.
Il y a fort à parier que le tourisme se développe dans les prochaines années, à l'image de la Croatie. Il faut espérer que la côte échappe à la "bétonisation" à outrance, mais cela semble mal parti, de très nombreuses constructions étant déjà en cours. Pour l'instant, la majorité des touristes sont des Albanais expatriés revenant au pays pour les vacances, et quelques rares étrangers, ce qui en fait une destination de choix pour ceux qui comme moi sont allergiques aux rassemblements de masse.
En attendant, l'Albanie à les inconvénients de ses avantages : les routes sont encore en très mauvais état et la circulation très difficile sur toute une partie du pays (mais elles sont en cours de réfaction), l'héritage culturel et historique est encore assez mal mis en valeur, les guides touristiques quasi inexistants (en français il n'existe que le Petit Futé, dans une édition 2006 dont les informations datent de 2005, donc peu à jour), les cartes routières très fantaisistes.
Il n'y a de plus aucun vol direct de France pour s'y rendre, il faut faire escale à Rome par exemple, ce qui rallonge de beaucoup le temps de voyage pour une destination pourtant proche.
Nous y avons passé deux semaines dépaysantes et reposantes, avec un temps superbe, et avons partout été accueillis très gentiment et avec beaucoup d'attentions malgré la barrière de la langue (l'italien et le grec sont plus pratiqués que l'anglais en général).
Il faut croire que la mafia avait d'autres chats à fouetter !



