Les promesses de l'ombre
Salles obscures - dimanche 18 novembre 2007

Un film de Cronenberg est toujours plein de promesses, et qu'elles soient de l'ombre ne les rend que plus attirantes encore.
Mais ce film, le plus grand public de la carrière de David Cronenberg avec A History of Violence, laisse un goût d'inachevé et d'insatisfaction.

Le point de départ déjà, grosse ficelle un peu énervante d'une sage-femme qui se jette d'elle-même dans la gueule du loup. Et cela ne s'arrange pas au long du film, les twists du scénario étant malheureusement très prévisibles. Et rien n'est plus énervant que de deviner cinq minutes à l'avance la suite d'une histoire qui se veut tortueuse.

Si le scénario est assez banal, l'interprétation en revanche sauve largement la mise.
Viggo Mortensen tout d'abord, magnétique et glacial, laisse deviner des fêlures et une force brutale. Manipulateur, fier, on veut bien le croire capable de tout.
On ne croit par contre pas une seconde à son sentimentalisme à l'égard de la jolie Naomi Watts, dont on se demande bien ce quelle fait là tellement elle semble à côté de la plaque (cette fille ne conduit pas de moto dans la vie, c'est impossible. Par contre elle porte très bien le jean).
Autre bonne surprise, Vincent Cassel qui, dans un rôle proche de Dobermann en caïd sur le fil du rasoir, arrive à surprendre et à faire croire à son personnage d'héritier homosexuel refoulé.
Le reste du casting se défend bien, accent russe à l'appui de leur crédibilité.

Les scènes de violence, nombreuses, sont assez difficiles à regarder. D'après Cronenberg, il s'agit surtout d'éviter de glorifier la violence en la stylisant, mais au contraire en montrant ce qu'elle a de sale et d'abject. L'idée est bonne. Mais deux égorgements en gros plans, cela semble suffisant. On a donc droit à toutes les scènes saignantes en plein cadre. Sauf une... ce qui amène d'ailleurs une faiblesse scénaristique (quand je vous disais qu'on devinait la suite à l'avance).

Les extraits tirés du journal de la jeune prostituée russé morte en couches, qui rythment le récit, sont durs et révoltants. Vrai certainement, à de nombreux égards.
En tout cas, après les parrains italiens, il semble que la mafia russe et son floklore soient la nouvelle ressource des scénaristes de films noirs en mal d'inspiration.

Violette

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