
|
(samedi 18 août 2007 à 13:16)
A l'indignation générale, la cour de cassation italienne dans un jugement d'août 2007, vient d'acquitter une famille italienne musulmane radicale qui avait battu et séquestré sa fille au motif qu'elle ne se conformait pas au mode de vie de ses parents. Ce triste fait divers a parfaitement été décrit par Violette dans son précédent article, je ne reviendrais pas dessus. Il me semble par contre indispensable de répondre aux commentaires que n'a pas manqué de susciter ce billet. Tout d'abord, "la diversité ethnique engendre la méfiance", ensuite "l'islam s'installe de plus en plus en Europe. Nous en sommes désormais aux importations de coutumes sauvages."
"Nous sommes condamné à nous entendre" Par contre, vouloir réduire ce genre d'affaire sordide à une "guerre des civilisations", à "une invasion barbare" ou que sais-je encore, c'est insulter notre intelligence ! Le monde est Un depuis toujours, mais nous venons à peine, à l'échelle de notre histoire, d'en prendre conscience. Nous sommes condamné à nous entendre, non pas parce que nous serions tous membre d'une même espèce, intelligente, douée de parole et de raison (ce qui, avouez-le, suffirait amplement comme justification !), mais tout simplement parce que nous n'avons pas le choix sous peine de disparaître ! L'humanité est aujourd'hui trop complexe, trop développée, pour se permettre de nouvelles guerres ethniques, de religion, bref, des guerres fondées sur la peur et le refus de l'autre. Partager la vision de Didier de la "guerre des civilisations" chère à Samuel Huntington (cf son lien vers Polémia.com), c'est partager les desseins d'une frange extrêmement réduite de la société américaine (les chrétiens évangélistes millénaristes), caractérisée par un ensemble de croyances et de doctrines qui annoncent ouvertement l'Apocalypse comme seule issue souhaitable à un monde en chaos, et dont sortirait, après sept années de combat entre le Bien et le Mal, une "période de mille ans durant laquelle le Christ et tous les saints gouverneront pacifiquement la Terre." "Les tenants de la guerre des civilisations cherchent l'affrontement entre eux et tous les autres !"
Enfin, quand David parle "d'importations de coutumes sauvages" après avoir expliqué que l'Islam s'installait partout en Europe, il joue sur la peur et puise ses arguments directement dans la rhétorique nationaliste et colonialiste des sociétés occidentales du XIXème s, et plus largement dans tous les discours impéralistes passés et présents. Il oublie peut-être que les discours impérialistes et racistes de mise au ban de l'étranger (le "sauvage", le "barbare") ne sont jamais une fin en soi, mais sont souvent dictés par des impératifs politiques, justifiant ainsi les guerres d'intérêts économiques (cf la résurgence du vocabulaire des croisades chrétiennes pour justifier certaines interventions armées dans les pays producteurs de pétrole). Par contre, il oublie certainement que nous sommes toujours les "barbares", ou les "bons sauvages" c'est selon, de quelqu'un ! "Les périodes de repli identitaire caractérisent toujours des cultures en crise." Les frontières du "monde civilisé" (sic) ont toujours évolué à travers l'histoire. Pour les athéniens antiques, le métèque, l'étranger, c'était celui qui n'était pas membre de la pôlis (citoyen d'Athènes). Ce qui, vous l'avouerez, faisait un paquet de personnes ! Pour les romains, plus universalistes, la citoyenneté a d'abord été reservée aux populations italiennes, avant d'être étendue à tout l'Empire. Mais il subsistait des exclus de la Pax Romana, des "barbares" qui eurent finalement raison d'elle. Quand à la civilisation chinoise, après avoir connue une vague d'expansion culturelle, économique, militaire et démographique sans précédent dans le monde, elle décida brusquement à la fin du XVème s de s'interdire tout contact avec le monde extérieur, barbare et obscurantiste. Cette décision, partiellement remise en cause au XVIIème, eue cependant raison de la puissance chinoise et amorça un déclin dont elle se relève à peine aujourd'hui.
L'Europe souffre aujourd'hui d'une vraie crise économique dûe à une ultra-libéralisation de l'économie mondiale suivant un modèle anglo-saxon qu'lle ne partage pas. Cette crise est la vraie raison des questionnements identitaires, des nationalismes, qui la secouent aujourd'hui. Ne nous y trompont pas, la peur de l'étranger arrive lorsque l'on craint soi-même pour sa survie. L'Amérique de la crise de 1929 engendra le Ku Klux Klan, celle de la prospérité d'après-guerre entraina le Mouvement des Droits Civiques. Le salut de l'Europe viendra de la réunion de toute les forces qui la traversent et non de leur division. Quant à notre identité, ne nous en préoccupons pas, elle prospérera bien mieux si nous la laissons en paix ! Je vous enjoint à lire cette excellent livre de Romolo Gobbi "Un grand peuple élu, Messianisme et antieuropéanisme aux Etats-Unis", éd Parangon/Vs, Lyon, 2006. Vous le trouverez à 5 euros à peine chez Mona Lisait à Paris. (jeudi 16 août 2007 à 12:16)
La bêtise et l'intégrisme borné n'ont pas de frontière.
Les réactions en Italie, que ce soit les associations de défense des droits de la femme ou les politiques de tous bords, ont été vives et ont unanimement rejeté ce verdict pour le moins discutable, qui semble promouvoir une justice à deux vitesses en faveur d'une certaine idée de l'intégration. Il y a fort à parier qu'une famille catholique responsable de tels sévices aurait été sanctionnée. La laïcité et les droit de la femme dans tous cela...
Plus de détails dans les articles de Marianne, de Libération ou du Figaro (pas de jaloux). (lundi 13 août 2007 à 18:24)
Niché au sein du Palais du Louvre (aile de Marsan) et fermé depuis 1996, le musée des arts décoratifs de Paris a réouvert ses portes il y a peu, après un sérieux relooking.
Et le résultat est vraiment réussi, un très bel espace, lumineux et aéré, mettant les oeuvres en valeur.
Jusqu'au 19 août se tient dans la grande nef du musée une exposition temporaire sur le designer italien des années 50 et 60 Joe Colombo. Pour les incultes tels que moi, le nom ne dit pas forcément grand-chose (non ce n'est pas le cousin d'un célèbre détective), mais ses réalisations ne vous laisseront pas indifférent. Il a profondément marqué le design contemporain et on reconnaît avec nostalgie certains fauteuils ou meubles de rangement.
Une telle visite ne manque pas de fatiguer quelque peu. Pour se désaltérer, direction le Saut du loup, situé au rez-de-chaussée près des caisses du musée. Vous pouvez choisir de prendre un verre sur la splendide terrasse située dans les jardins du Carrousel, ou bien s'il pleut dans la salle très stylée avec vue sur ces mêmes jardins. En contrepoint de ce que vous avez pu admirer au musée, le décor sobre a été composé par l'architecte d'intérieur Philippe Boisselier. Le service est impeccable et le chocolat chaud excellent (servi avec un plateau garni de fraises Tagada et de guimauves, vous êtes prévenus).
Les Arts décoratifs
(lundi 6 août 2007 à 12:57)
Dans un contexte général prônant le recours aux énergies alternatives, EDF ne pouvait manquer de se poser comme un acteur majeur du développement durable.
Certaines idées sont amusantes, ainsi ce carrelage de salle de bain qui perd ses motifs au fur et à mesure que la température de la pièce augmente.
L'exposition n'est pas très longue mais assez pertinente et permet également de découvrir certaines généralités en matière de fourniture d'électricité (ainsi, l'électricité est ne peut être stockée et est donc produite en flux tendu, ce dont tout le monde n'est pas forcément conscient).
Exposition So Watt !
à l'espace EDF Electra
|