1.
Philippe (le 28/02/2007 à 16:26) :
Vous oubliez plusieurs choses :
Une centrale nucléaire de 1.6 GW tourne à sa puissance maximale tout au long de l'année.
Les éoliennes tournent seulement à 20 %.
La puisance fournie par la centrale se contrôle, pas celle qui est fournie par les éoliennes.
De sorte que pour maîtriser la puissance émise sur le réseau il faut contruire des turbines à gaz qui se mettent en route quand les éoliennes ne tournent pas. Vous n'avez pas pris en compte le coût de ces centrales. Ni leur pollution.
Une centrale nucléaire délivre sa puissance par une seule ligne HT.
C'est une multitude de lignes qu'il faudra créer pour raccorder les éoliennes.
L'EPR est un prototype. Les suivants coûteront deux fois moins cher.
D'ailleurs questions coûts on est en droit de se poser des questions, sachant que le MWh sortie EPR prototype avec son démantellement est chiffré à 46 euros, contre 82 euros pour les éoliennes.
2.
Muphin (le 28/02/2007 à 18:00) :
Il faut également comparer la durée de vie d'une éolienne (moins de 20 ans : www.edf.com/html/lille300... ) à celle d'une centrale type EPR (40 ans sans dépenses supplémentaires, 60 ans max : energie.lesverts.fr/artic... )
3.
Fred (le 28/02/2007 à 18:31) :
Merci pour ces précisions.
Il faut également préciser que plus on utilisera l'énergie éolienne, plus les technologies évolueront pour accroître la durée de vie et le rendement du matériel, et plus les coûts baisseront. Et ce qui vaut pour l'éolien vaut pour les autres énergies renouvelables.
4.
un passant... (le 28/02/2007 à 23:35) :
Chers Philippe et Murphin,
vous oubliez également deux-trois petites choses :
cette centrale EPR, qu'EDF se gargarise de qualifier de plus puissante du monde, sera également l'une des plus dangereuses, ne fonctionnant pas à l'uranium enrichie comme toute ses grandes soeurs, mais au plutonium (au Mox, plus exactement)...
Ensuite, le budget annoncé de construction de l'EPR ne prend pas en compte l'ensemble des coûts de développement, de fonctionnement, de déconstruction et de retraitement des déchets, loin de là !
Ces 46 euros/MWH pour l'EPR contre 82 euros/MWH pour les éoliennes sont bien évidemment faux.
Ensuite (bis), la durée de vie de la centrale est certe de 40 ans, mais qu'en est-il de celle de ses déchets, bien plus radioactif que les déchets classiques des centrales nucléaires actuelles.
Enfin,il n'est pas question d'abandonner complètement le nucléaire, qui fournit effectivement une énergie rapidement mobilisable. Mais il n'est pas question non plus de passer les énergies renouvelables par pertes et profits !
On peut tout à fait admettre un parc éolien, solaire et hydroélectrique pour la production en base , complété de centrales nucléaires pour répondre aux productions de base ET de pointes. Pas besoin d'invoquer les centrales à gaz pour ça !!!
Enfin, comme beaucoup d'autres, je trouve que cet EPR est un gadget coûteux pour un saut technologique jugé minime. On eu mieux fait de ne pas céder aux sirènes du lobby pro-nucléaire (notamment la Cogema) et d'appliquer de véritables innovations, justifiant l'immense apport financier engagé.
5.
Dumesnil (le 01/03/2007 à 09:41) :
L'ignorence et la mauvaise foi des antinucléaires est patente.Les éoliennes fournissent leur puissace nominale environ 20% des 8620 heures que comporte une année, non pas en fonction des besoins du réseau, mais selon les caprices du vent. Les centrales nucléaires ont un taux de disponibilité d'au moins 80%.Contrarement à l'éolien, elles permettent une couverture sécurisée des besoins à un coup bien plus faible.
6.
Muphin (le 01/03/2007 à 10:05) :
à "un passant..." :
Je suis d'accord avec toi sauf sur 2 points :
- l'EPR ne sera pas une des centrales les plus dangereuses : seul son combustible est plus dangereux. Les centrales les plus dangereuses restent les centrales les plus vieilles (je pense en particulier à celles en fonctionnement en Europe de l'Est)
- Contrairement à ce que tu prétends, l'énergie nucléaire n'est pas faite pour répondre aux fluctuassions journalières de consommation électrique : pour cela on utilise soit les centrales thermiques classiques, soit celles hydrauliques, soit encore le fait de pouvoir fournir de l'électricité là où la demande est plus grande (ou s'en faire fournir dans le cas contraire)
Pour le gadget, je suis d'accord avec toi, c'est le lobby industriel que justifie ce projet, et c'est de l'argent qui n'est pas dépensé pour les énergies renouvelables.
Ce qu'il faut surtout bien comprendre, c'est que les problèmes énergétiques sont beaucoup plus complexes qu'ils le paraissent :
- construire une centrale prend 10 ans,
- 10MW nucléaires sont différents de 10MW hydrauliques ou éoliens, ou solaires,
- les variations de consommations varient selon les heures de la journée, les saisons, le climat ; en général, celle de la production d'énergie renouvelable aussi.
A tous : évitez de prendre pour vrai tout ce que l'on peut vous dire sur ce sujet, croisez vos sources, renseignez vous à droite à gauche et offrez vous le luxe de construire votre propre avis sur ce sujet.
7.
Philippe (le 01/03/2007 à 13:55) :
Non,les coûts de 46 euros/MWH pour l'EPR contre 82 euros/MWH pour les éoliennes ne sont pas faux.
Les 46 euros/MWH comprennent l'investissement, la déconstruction et le retraitement des déchets. Sinon on tombe à 33 euros.
Les 82 euros/MWH de l'éolien sont une fourchette haute en fonction des différents lieux d'implantation et des puissances. En tout état de cause ce coût n'est jamais inférieur à 50 euros, donc plus que le nucléaire.
Les centrales nuléaires ne peuvent pas servir en pointe, les variations de puissance sont lentes et vieillissent le matériel.
Les éoliennes ne peuvent servir ni en pointe ni en base puisque leur production est aléatoire et non maîtrisée. On la prend ou pas quand elle arrive, point. C'est pour cela qu'il faut les coupler avec des turbines à gaz au démarrage très rapide.
La gestion de l'éolien est un casse-tête qui met en péril la stabilité du réseau.
Oui, le nucléaire est potentiellement dangereux, comme toutes les productions d'énergie de grande puissance.
Ce danger peut être éliminé à condition qu'on y mette les moyens. C'est là qu'il faut porter toute notre attention, sachant que cette situation est en train de se dégrader dans les centrales actuelles à cause des restrictions de budget exigées par les pertes dues aux investissements hasardeux à l'étranger et le développement des concurrences coucou (sociétés parasistes qui depuis un bureau achètent de l'électricité EDF la font transporter et distribuer par EDF en prenant de l'argent au passage).
8.
Lars (le 12/04/2007 à 19:41) :
Je doute qu'un millier d'éoliennes occupent la même superficie qu'une EPR...
Mais les verts s'enragent pour rien face aux nouvelles centrales :
forum.01men.com/01men/lib...
C'est n'importe quoi !
En France en onshore les éoliennes fonctionnent l'équivalent de 2200 heures de puissance nominale par an, donc 25% et non 20% de la puissance nominale ... L'amélioration de la technologie (pales, hauteur du rotor) permet d'augmenter l'énergie captée. Dans quelque sannées on sera pluss proche de 3000H qui aujourd'hui est dépassé en offshore ...
L'éolien est (contrairement à ce que les nucléocrates racontent) très bien adapté à la demande puisque les éoliennes produisent beaucoup plus quand il fait froid et qu'il y a du vent ... qu'en été ..
10.
Denis (le 29/02/2008 à 18:42) :
En France, les réacteurs nucléaires ne fonctionnent en moyenne que 263 jours par an, en équivalent plein régime (moyenne sur 5 ans).
Ainsi, ils ne fournissent que 72 % de l'électricité qu'ils pourraient fournir avec une pleine utilisation de leur capacité.
Voir : futura24.site.voila.fr/nu...
Cela est dû à la surcapacité nucléaire en France, ce qui n'empêche pas d'acheter de l'électricité à l'Allemagne aux heures de pointe : voir les échanges d'électricité entre ces deux pays et les variations de l'électricité en France.
Dans le reste du monde, les réacteurs fonctionnent 82% du temps en moyenne.
Pour l'éolien, c'est entre 20 et 24% de l'équivalent pleine puissance selon les endroits.
Cela n'empêche pas que depuis cinq ans, l'énergie éolienne progresse plus vite que l'énergie nucléaire au niveau mondial, non seulement en nouvelle puissance installée (62.770 MWe pour l'éolien contre 13.620 MWe pour le nucléaire) mais AUSSI en énergie supplémentaire qu'il est possible de produire à partir de ces nouvelles capacités (125.600 GWh/an pour l'éolien contre 98.000 GWh/an pour le nucléaire).
Voir ici : futura24.site.voila.fr/el...
Et l'écart se ceuse encore plus en faveur de l'éolien pour les cinq prochaines années.