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Cinéma : La vie des autres
(dimanche 18 février 2007 à 16:57)
Un sujet glaçant car tellement proche : la mainmise de la Stasi sur la vie quotidienne de tout un peuple bloqué en ex RDA. La scène d'introduction est exemplaire, magistrale, à l'image du cours que déclame Wiesler (remarquable Ulrich Mühe) à ses élèves. Reconnaître un menteur d'un bon partisan du régime serait une science exacte, et les outils nombreux pour le démasquer. Effrayant. Cela commence donc bien. La suite est à l'avenant, décrivant la réalité grise d'une existence sous surveillance, les sursauts de vitalité de certains intellectuels qui veulent croire à une vie meilleure, et la résignation des employés d'un régime qu'il ne peuvent même songer à contester. Les interprètes sont remarquables, et réussissent à faire passer les hésitations et la dualité de tout être humain (il n'y a de fait pas de bons et de méchants, mais des êtres qui se débattent dans un carcan, à l'exception notable du sinitre ministre de la culture, un être de la pire espèce qu'il fait bon détester). Mais pourquoi, pourquoi cette fin interminable, à l'eau de rose, avec des rebondissements de roman de gare ? C'est décevant, et réduit d'autant la portée du film, amoindrissant tout ce qui a pu être commis d'inhumain et de barbare. Non, les bourreaux ne se transforment pas en anges gardiens. Et si tel a pu être le cas, et si cela sert la fiction, pourquoi le souligner avec tant d'insistance ? Peu de films allemands arrivent jusqu'à nos écrans, et peu (pas?) sur cette période noire et sur la Stasi. Mais pourquoi, à l'instar d'un Good bye Lenin, faut-il qu'ils dégoulinent de bons sentiments ? Une lueur d'espoir serait suffisante. Il ne faudrait pas oublier qu'il n'est pas inconscient de désespérer de l'être humain et de son potentiel à toujours recommencer les mêmes erreurs. La vie des autres (Das Leben der Anderen) Trackbacks Aucun trackback. Les trackbacks pour ce billet sont fermés. Réactions La Vie des autres continue son chemin pavé de récompenses en remportant l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Rançon de la gloire, une adaptation hollywoodienne est d'ores et déjà en chantier: Sydney Pollack et Anthony Minghella planchent sur le sujet. Vous aussi, réagissez ! |