Cinéma : La vie des autres
Salles obscures - dimanche 18 février 2007

La vie des autres Un premier film allemand qui est arrivé jusqu'à nos écrans et qui a raflé les prix de plusieurs festivals (prix du meilleur film, du meilleur scénario et du meilleur acteur à l'European Fim Award; prix de la meilleure mise en scène, du meilleur acteur, du meilleur second rôle masculin, de la meilleure photo, des meilleurs décors et du meilleur scénario aux German Awards. Primé meilleur film allemand de 2006, il a reçu le Prix Satyajit Ray au London Film Festival ainsi que La Clef d'Or pour la musique originale de Gabriel Yared au Festival d'Auxerre de 2006. Ajoutez à cela quatre Prix du public lors des festivals de Locarno, de Vancouver, de Varsovie et de Pessac en 2006).

Un sujet glaçant car tellement proche : la mainmise de la Stasi sur la vie quotidienne de tout un peuple bloqué en ex RDA.

La scène d'introduction est exemplaire, magistrale, à l'image du cours que déclame Wiesler (remarquable Ulrich Mühe) à ses élèves. Reconnaître un menteur d'un bon partisan du régime serait une science exacte, et les outils nombreux pour le démasquer. Effrayant. Cela commence donc bien. La suite est à l'avenant, décrivant la réalité grise d'une existence sous surveillance, les sursauts de vitalité de certains intellectuels qui veulent croire à une vie meilleure, et la résignation des employés d'un régime qu'il ne peuvent même songer à contester.

Les interprètes sont remarquables, et réussissent à faire passer les hésitations et la dualité de tout être humain (il n'y a de fait pas de bons et de méchants, mais des êtres qui se débattent dans un carcan, à l'exception notable du sinistre ministre de la culture, un être de la pire espèce qu'il fait bon détester).

Mais pourquoi, pourquoi cette fin interminable, à l'eau de rose, avec des rebondissements de roman de gare ? C'est décevant, et réduit d'autant la portée du film, amoindrissant tout ce qui a pu être commis d'inhumain et de barbare. Non, les bourreaux ne se transforment pas en anges gardiens. Et si tel a pu être le cas, et si cela sert la fiction, pourquoi le souligner avec tant d'insistance ?

Peu de films allemands arrivent jusqu'à nos écrans, et peu (pas?) sur cette période noire et sur la Stasi. Mais pourquoi, à l'instar d'un Good bye Lenin, faut-il qu'ils dégoulinent de bons sentiments ? Une lueur d'espoir serait suffisante.

Il ne faudrait pas oublier qu'il n'est pas inconscient de désespérer de l'être humain et de son potentiel à toujours recommencer les mêmes erreurs.

La vie des autres (Das Leben der Anderen)
Un film de Florian Henckel Von Donnersmarck

Violette

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2 commentaires

1. Violette (le 26/02/2007 à 11:26) :

La Vie des autres continue son chemin pavé de récompenses en remportant l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

2. Violette (le 24/03/2007 à 12:23) :

Rançon de la gloire, une adaptation hollywoodienne est d'ores et déjà en chantier: Sydney Pollack et Anthony Minghella planchent sur le sujet.

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