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Les méthodes totalitaires de Nicolas Sarkozy
(vendredi 2 février 2007 à 17:07)
Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy s'attaque au très respecté Renaud Van Ruymbeke, premier juge d'instruction au tribunal de grande instance de Paris. L'homme qui a instruit l'affaire des faux listings Clearstream accuse Nicolas Sarkozy d'être à l'origine de sa mise en touche. Epinglé dans un rapport de l'Inspection générale des services judiciaires (IGSJ), pour sa rencontre hors procédure avec le corbeau présumé de l'affaire, il est aujourd'hui renvoyé devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Une condamnation massivement critiquée dans le corps juridique (Le Monde du 2 février 2007). Le Syndicat de la magistrature évoque une "tentative de déstabilisation" et "un rapport à charge visant à détourner l'attention". Pour l'Union syndicale des magistrats, ce "juge d'expérience" a été "poussé à la faute" (Le Monde du 1er février 2007). N'était-il pas tout simplement sur le point de révéler des faits compromettants ? N'allions-nous pas apprendre que l'affaire Clearstream a été montée de toutes pièces par Nicolas Sarkozy pour se poser en victime ? Utilisation illégale des Renseignements Généraux Pendant que nous nous interrogeons, le président de l'UMP est de nouveau montré du doigt pour d'autres pratiques autocratiques. Les Renseignements Généraux, qui sont dirigés par le Ministre de l'Intérieur lui-même, ont soumis à un recensement de sécurité les habitants des trois immeubles faisant face au quartier général de campagne de l'UMP. Ces riverains, qui ont dû fournir nom, prénom et date de naissance, sont désormais fichés par la police et vivent dans la peur des journalistes et des terroristes (Le Nouvel Observateur du 1er février 2007). Mais ce n'est pas tout. Selon le Canard enchaîné, les Renseignements Généraux ont également enquêté sur le patrimoine immobilier de Ségolène Royal. Les résultats de leurs recherches ont ensuite été utilisés pour tenter de nuire à la candidate socialiste. Rappelez-vous : on reprochait alors au couple Royal-Hollande d'avoir constitué une SCI pour échapper à l'impôt sur la fortune, ce qui s'est révélé être faux (Le Monde du 31 janvier 2007). Contrôle des médias Remontez encore un peu plus loin dans votre mémoire... En juin 2005, Paris Match publie en Une la photo de Cecilia Sarkozy avec son nouveau compagnon de l’époque. Quelques jours plus tard, Alain Genestar, le directeur de la publication de l'époque, démissionne sous la pression d'Arnaud Lagardère, un ami de Nicolas Sarkozy. S'ensuit la deuxième grève de l'histoire de Paris Match, la première ayant eu lieu en mai 1968. Un an et demi plus tard, l'hebdomadaire est bien plus docile avec le candidat à l'élection présidentielle. Il va même jusqu'à lui consacrer huit pages et une couverture élogieuses : "Nicolas Sarkozy - Un destin en marche". Plus globalement, c'est la plus grande majorité des médias qui semble accorder ses faveurs au président de l'UMP. Voici d'ailleurs ce que disait à ce sujet Alain Genestar, début janvier : "Nicolas Sarkozy a développé un système relationnel qui fait qu'il compte beaucoup d'amis dans les médias et notamment au plus haut niveau. C'est sa manière, d'ailleurs très habille, de verrouiller d'une certaine façon. Il ne menace pas. C'est même quelqu'un qui a un respect pour la critique et la contradiction. Mais il a une conception des relations avec ceux qui deviennent ses proches qui fait, qu'en cas de manquement, ceux-ci peuvent être accusé de trahison. Le plus étrange, ce n'est pas d'ailleurs qu'il agisse ainsi mais que ça marche." (Le Nouvel Observateur du 6 janvier 2007). Reste à savoir jusqu'où est prêt à aller Nicolas Sarkozy pour tenir ses amis et ses ennemis. Illustration : Julo sur Blogapart.info Trackbacks Aucun trackback. Les trackbacks pour ce billet sont fermés. Réactions Ooh, tout le monde il est méchant avec le gentil Nicolas. Vous aussi, réagissez ! |